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Controverse autour du diagnostic de la dyslexie
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Paru le samedi 26 novembre 2011 sur SRC.CA/Montréal

Source
www.ledevoir.com/societe/education/337028/la-dyslexie-une-maladie-mentale

La dyslexie, une maladie mentale?

Lisa-Marie Gervais 26 novembre 2011 Éducation

La dyslexie et les autres troubles d'apprentissage seront bientôt officiellement reconnus comme des maladies mentales. Le milieu de l'éducation craint les conséquences néfastes qu'aura cette disposition de la loi 21, qui devrait entrer en vigueur au début 2012, a appris Le Devoir.

«C'est déjà pas facile pour les dyslexiques, alors de leur coller une étiquette de maladie mentale, je trouve que c'est régresser dans la façon d'aider ces personnes-là», a dit Julie Bouliane, étudiante au baccalauréat en communication et sciences politiques, et elle-même dyslexique dysorthographique.

Cette disposition de la loi modifiant le Code des professions dans le domaine de la santé mentale et des relations humaines fait ruer dans les brancards de nombreux orthopédagogues, qui se réunissent aujourd'hui pour l'assemblée générale annuelle de leur association. À commencer par la mère de Julie, Monique Brodeur, orthopédagogue de formation et doyenne de la Faculté des sciences de l'éducation de l'UQAM, qui prononcera le discours d'ouverture. Elle déplore que l'Office des professions n'ait pas consulté tous les acteurs concernés du milieu de l'éducation pour l'élaboration de la loi et du guide explicatif.

Concrètement, ce guide permettrait aux seuls membres d'ordres professionnels de diagnostiquer et d'identifier les troubles d'apprentissage, par exemple les médecins, les infirmières et les psychologues, laissant à l'écart les orthopédagogues, qui ne font pas partie d'un d'ordre. C'est inacceptable, croit Mme Brodeur. «L'orthopédagogue est pourtant le spécialiste des difficultés, incluant les troubles d'apprentissage, de la lecture, de l'écriture et des mathématiques», soutient-elle dans une lettre publiée en page Idées (B 5).

Médicaliser l'école

Pour Julien Prud'homme, professeur associé au Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie, le fait que l'autorité passe d'un type professionnel à un autre, qui relève de la santé, signifie également le passage vers une compréhension biomédicale des problèmes. «L'échec en français va être envisagé comme un problème de santé et individuel, dont les causes vont être neurologiques, a-t-il expliqué. On va moins le voir comme un problème pédagogique ou socioéconomique.»

Line Laplante, professeure et experte en dyslexie, croit qu'il est dangereux de diagnostiquer un tel trouble du seul point de vue médical. «Un jeune qui présente un retard en lecture n'a pas nécessairement un trouble neurologique. Il peut avoir été sous-stimulé parce qu'il venait d'un milieu défavorisé», a-t-il indiqué.

À l'heure actuelle, un élève n'a pas besoin d'un diagnostic ou d'une évaluation ferme d'un spécialiste pour recevoir des services. Dans la plupart des écoles, dès que les difficultés sont constatées, un plan d'intervention est aussitôt mis sur pied.

Les commissions scolaires craignent que cette approche multidisciplinaire dite «non catégorielle», qui se bâtit depuis une décennie, soit mise au rancart. «Tout le monde reconnaît les mérites de notre approche. On ne peut pas défaire tout ça du jour au lendemain, sous prétexte que des ordres veulent bénéficier de certains privilèges», a souligné Bernard Tremblay, responsable du dossier à la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ).

L'Office des professions se dit conscient des inquiétudes du milieu de l'éducation, qui se sent encore une fois délaissé. «Bien des choses se disent autour du guide et du projet de loi, mais une fois qu'il sera connu, il y aura des craintes de moins», assure la responsable des communications, Lucie Boissonneault. Adoptée il y a environ deux ans, la loi 21 devrait entrer en vigueur par décret gouvernemental au début de l'année 2012.

 Source :
www.ledevoir.com/societe/education/336988/troubles-d-apprentissage-la-dyslexie-bientot-un-trouble-mental

Troubles d'apprentissage - La dyslexie, bientôt un trouble mental?
Monique Brodeur, doyenne de la Faculté des sciences de l'éducation de l'UQAM et Line Laplante, professeure experte en dyslexie à l'UQAM 26 novembre 2011 Éducation

Dans une cour d’école primaire de Montréal. De tous les troubles d’apprentissage, la dyslexie est celui qui est le plus connu.
L’Office des professions du Québec s'apprête à adopter le guide explicatif du projet de loi 21 qui a pour but de modifier le Code des professions dans le domaine de la santé mentale et des relations humaines. La version actuelle de ce guide, si elle n'est pas modifiée, ferait en sorte que les troubles d'apprentissage, dont la dyslexie, seraient catégorisés parmi les troubles mentaux, ce qui risque de causer d'importants préjudices aux personnes présentant de tels troubles.

Par ailleurs, l'avancement des connaissances scientifiques révèle l'importance d'interventions pédagogiques et orthopédagogiques précoces et reconnues efficaces, en vue de pouvoir identifier les troubles d'apprentissage. Or le guide explicatif accorde peu de place à la nature des interventions pédagogiques et orthopédagogiques mises en oeuvre, de même qu'à la contribution essentielle de l'orthopédagogue dans le processus d'évaluation visant à déterminer s'il s'agit ou non d'un trouble d'apprentissage. Afin de répondre adéquatement aux besoins des personnes ayant un trouble d'apprentissage, il est essentiel de revoir le guide explicatif avant son adoption.

Tout au long de sa vie

De tous les troubles d'apprentissage, la dyslexie est celui qui est le plus connu. «La dyslexie se caractérise par des difficultés à développer et à utiliser les habiletés permettant d'identifier et de produire les mots écrits» (CLLRNet, 2009, p. 111-112). Comme les autres troubles d'apprentissage, elle est d'origine neurologique et affecte une personne tout au long de sa vie. Ce ne sont donc pas toutes les personnes qui présentent des difficultés en lecture qui sont dyslexiques, même si le retard est important. Pour conclure à une dyslexie, il faut faire la démonstration d'une atteinte neurologique, ce qui représente un défi de taille.

Or la façon habituelle de procéder conduit à identifier comme étant dyslexique une proportion non négligeable de personnes qui ne le sont pas, car leurs difficultés en lecture ne sont pas attribuables à un désordre neurologique, mais à des facteurs environnementaux d'ordre sociofamilial ou scolaire. Toutefois, l'état actuel des connaissances démontre la nécessité d'interventions pédagogiques et orthopédagogiques appuyées par la recherche, dès la maternelle, afin de prévenir les difficultés d'apprentissage. Si, malgré ces interventions, certains élèves persistent à éprouver des difficultés, il convient d'enclencher une démarche d'évaluation qui permettra de vérifier si le peu de progrès observé est attribuable ou non à un trouble d'apprentissage.

Des préjudices importants

Le guide explicatif dans sa version actuelle place les troubles d'apprentissage, y compris la dyslexie, dans la catégorie des troubles mentaux. Une telle catégorisation est susceptible de causer des préjudices importants aux personnes qui ont un trouble d'apprentissage. En effet, ces personnes doivent vivre au quotidien avec les inconvénients et les défis qu'entraîne une telle difficulté. Doit-on ajouter à ce fardeau celui de vivre avec l'étiquette de trouble mental?

Cette étiquette, qui a malheureusement une connotation très négative, pourrait inciter des parents de jeunes ayant des difficultés scolaires, ou des adultes chez qui on soupçonne la présence d'un trouble d'apprentissage, à refuser une évaluation même si celle-ci vise à dresser un portrait des capacités et des besoins de la personne en vue de mettre en place des interventions adaptées. Une telle étiquette pourrait également entraîner un désengagement de la personne ayant un trouble d'apprentissage, de son entourage et des enseignants. Enfin, chez les adultes, cette étiquette pourrait complexifier leur recherche d'emploi ou leur intégration sociale.

Contribution de l'orthopédagogue

Le guide explicatif du projet de loi 21 prévoit réserver l'évaluation de la personne chez qui on veut vérifier la présence d'un trouble d'apprentissage aux seuls membres d'ordres professionnels. Ainsi, l'évaluation menant au diagnostic ou à l'identification des troubles mentaux, qui comprendraient les troubles d'apprentissage, serait réservée au médecin et au psychologue, ainsi qu'à l'infirmière et au conseiller d'orientation.

En revanche, comme il n'y a pas d'ordre professionnel des orthopédagogues, ceux-ci n'auraient plus le droit de procéder à l'évaluation de la lecture ou de l'écriture en vue d'attester s'il s'agit ou non d'un trouble d'apprentissage. Pourtant, l'orthopédagogue est le spécialiste des difficultés, y compris les troubles d'apprentissage, de la lecture, de l'écriture et des mathématiques. Sa formation lui permet, lorsqu'une personne répond peu ou pas aux interventions pédagogiques et orthopédagogiques, de déterminer s'il s'agit ou non d'une résistance à l'intervention qui caractérise le trouble d'apprentissage. Il importe donc que l'orthopédagogue, en étroite collaboration avec les professionnels concernés, puisse conclure à la présence d'un trouble d'apprentissage dans les domaines de la lecture, de l'écriture et des mathématiques.

Choix de société

La société québécoise a fait jusqu'à maintenant le choix de confier la responsabilité de la scolarisation des élèves ayant un trouble d'apprentissage au système scolaire et non au système de la santé. Selon l'état actuel des connaissances, le «traitement» des troubles d'apprentissage, dont la dyslexie, relève avant tout d'interventions efficaces de nature pédagogique et orthopédagogique.

C'est pourquoi le guide explicatif du projet de loi 21 doit être revu avant son adoption, afin que les troubles d'apprentissage ne soient pas catégorisés sous les troubles mentaux. Il est également essentiel que ce guide reconnaisse la contribution incontournable de l'orthopédagogue à l'identification d'un trouble d'apprentissage dans les domaines de la lecture, de l'écriture et des mathématiques. Il en va de la qualité de la réponse aux besoins des personnes ayant un trouble d'apprentissage.

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Monique Brodeur, doyenne de la Faculté des sciences de l'éducation de l'UQAM et Line Laplante, professeure experte en dyslexie à l'UQAM
 


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