Paru le mardi 27 novembre 2007 sur Canoë.ca
Des usagers privés de services
(Journal de Montréal) Éric-Yvan Lemay
Le Journal de Montréal
Faute de fonds suffisants, plusieurs personnes handicapées se font refuser le transport adapté pour se rendre hors de l'île de Montréal. La STM a dû réduire le transport occasionnel en banlieue, faute de budget pour le faire fonctionner.
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«Je trouve ça inconcevable. Je paie mes billets comme tout le monde, mais depuis environ un mois, il n'y a plus rien», dénonce Michel Laporte. Ce dernier utilise le transport occasionnel pour se rendre chez sa copine à Lorraine ou pour se rendre magasiner à Laval.
Un billet pour un aller-retour de Montréal à la banlieue coûte 5,50 $ à l'usager. La Société de transport de Montréal assume la différence.
Or, depuis un mois, la Société de transport de Montréal n'offre plus de services à plusieurs usagers occasionnels. «Mon amie doit venir me chercher si on veut se voir», dit l'homme de 47 ans qui souffre de paralysie cérébrale.
Discrimination
Comme il a de la difficulté à marcher sur une longue distance, il lui est impossible de se déplacer dans les transports en commun traditionnels. «Je ne suis pas un citoyen de deuxième ordre. Je travaille, je paie des taxes, je devrais avoir le même service que tout le monde», déplore Michel Laporte.
À la STM, on assure que tous les transports réguliers pour le travail, l'école et les rendez-vous chez le médecin sont assurés. Ces transports sont souvent planifiés une semaine à l'avance, contrairement aux transports occasionnels.
«On doit faire des choix et les transports planifiés passent en priorité. Malheureusement, ce sont les occasionnels qui écopent», reconnaît Marianne Rouette, porteparole de la STM. «C'est premier arrivé, premier servi.»
Trop de demandes
Cette dernière explique que la popularité du transport adapté oblige à procéder ainsi. L'Agence métropolitaine de transport, qui lui a versé 497 000 $ pour offrir ce service, a demandé de respecter ce budget.
L'an dernier, l'AMT avait dû éponger une partie du surplus dépensé par la STM en transport vers la banlieue.
L'AMT reconnaît que la popularité du service l'a prise de court. Depuis trois ans, le budget a augmenté de 60% et il augmentera encore l'an prochain de 12%.
«On estime le budget en fonction de l'année précédente, mais la demande est toujours plus forte qu'anticipé», dit la responsable des communications, Mélanie Nadeau.
Depuis le début de l'année, la STM a effectué 20 144 déplacements interrives, contre 20 186 pour toute l'année dernière.
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