Paru le mercredi 26 mars 2008 sur Le Journal de Saint-Bruno
Le Journal de Saint-Bruno - Édition du 26 mars 2008
Un colloque pour parler de déficience intellectuelle
Valérie Mathieu
Hebdos Montérégiens
Dans le cadre de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle, le comité des usagers du Centre de réadaptation en déficience intellectuelle de la Montérégie-Est, a tenu une journée colloque, le 15 mars, pour les parents et les déficients. La journée s'adressait aux gens vivant avec une personne handicapée qui désiraient partager leurs émotions et trouver des solutions à leurs problèmes en interagissant entre eux. Une soixantaine de personnes ont pris part à ce colloque.
Cette journée d'information avait comme thème principal "Mon Plan de service individualisé (PSI), c'est d'abord pour moi". Le comité des usagers s'est inspiré des préoccupations des parents pour répondre à leurs nombreux questionnements. Le plan de service individualisé permet d'élaborer un plan d'action afin de répondre aux besoins de la personne ayant un handicap. Ce plan se fait en collaboration avec différents partenaires, les parents et l'usager.
Les ateliers
La matinée a été animée par des comédiens qui présentaient de courts sketches sur le PSI. Des activités interactives qui permettaient aux gens de participer. L'après-midi était consacrée à des ateliers. Les participants devaient en choisir un parmi les quatre.
Le premier traitait des différents organismes qui offrent du soutien aux familles. L'atelier avait pour but de démystifier le rôle des différents partenaires qui gravitent autour des usagers. Maggie Lafleur, intervenante sociale du CLSC Les Patriotes, faisait partie des animatrices de cet atelier. "Nous devons essayer de valoriser la qualité de vie des usagers. Dans mon cas, j'ai beaucoup de jeunes clients. Il faut donc penser que toutes les activités qui nécessitent un déplacement doivent être planifiées. Les personnes handicapées doivent avoir accès à la vraie vie. La réalité c'est que lorsqu'un enfant handicapé grandit, il prend du poids. C'est donc difficile pour les parents de subvenir à tous leurs besoins", affirme Mme Lafleur. Adapter une maison pour un enfant handicapé est dispendieux et complexe, selon l'intervenante. "Lors du colloque, les parents ont mentionné que le placement en centre est très difficile. Ce sont des questionnements majeurs. C'est pourquoi l'adaptation d'une résidence est importante".
Le thème sur le placement d'un enfant dans un centre était aussi au menu des ateliers. Tout le cheminement qui s'en suit et les étapes à suivre pour y arriver. Il y a un détachement émotif à faire. Le troisième atelier, lui, parlait de la continuité des services après l'école, comme le marché du travail.
Finalement, le dernier atelier suggéré était sur le PSI avec la participation de l'usager dans l'élaboration de son plan de service. Lucille Bargiel, présidente du comité des usagers de la Montérégie-Est et de l'Association de parents de l'enfance en difficulté de la Rive-Sud de Montréal, estime qu'il faut accompagner les parents d'un enfant déficient. "Nous devons les soutenir et les accompagner, ces familles. La journée colloque était orchestrée pour répondre à la demande et aider les parents à comprendre le PSI. Le plan sert à concentrer les efforts sur les besoins de la personne. Des services sont disponibles, il s'agit de savoir lesquels sont bons pour une personne en particulier. Il faut bien évaluer les besoins de chacun et savoir qui peut y contribuer", explique la présidente.
Selon elle, avant, les parents n'avaient pas vraiment le choix d'envoyer leurs enfants dans des centres. "Maintenant, les parents ne sont plus intéressés à envoyer leurs enfants en résidence parce que plus de services sont offerts. Les efforts convergent pour aider les familles. C'est certain qu'il y a encore du travail à faire. Le colloque est là pour ça, mais aussi pour dédramatiser la situation", constate Mme Bargiel.