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Son contenu est constitué principalement d’articles et de nouvelles provenant des différents médias du Québec et du Canada, mais aussi d’ailleurs.

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Jeudi 16 avril 2009 Numéro 502
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Articles sur les aléas de l'intégration scolaire
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Paru le mardi 14 avril 2009 sur Cyberpresse/Le Soleil

Source:
www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/education/200904/14/01-846527-eleves-en-difficulte-dans-les-classes-regulieres-non-a-lintegration-a-tout-prix.phpÉlèves  

Élèves en difficulté dans les classes régulières: non à l'intégration à tout prix

Il est faux de prétendre que la majorité des parents tiennent à l'intégration «à tout prix» de leur enfant en difficulté en classe ordinaire.

AFP
Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) Carole Tardif, mère d'une jeune trisomique de 13 ans, se réjouit d'avoir trouvé «le meilleur des deux mondes» pour sa fille. Zoé fréquente une classe spéciale au secondaire, en compagnie de sept autres élèves.
Grâce à des activités réalisées avec des élèves du programme d'éducation internationale pendant l'heure du dîner, sa fille est intégrée à la vie de l'école. «C'est important pour eux de faire partie de la vraie vie. Ces enfants-là ne doivent pas être réduits à "ceux qui sont à part dans une classe"», dit-elle.

Mme Tardif, qui est aussi présidente de l'Association pour l'intégration sociale de la région de Québec (AISQ), milite pour l'intégration des élèves handicapés ou en difficulté dans les classes régulières. Mais elle convient qu'il y a des limites à l'intégration «à tout prix».

«Je comprends les enseignants, dit-elle. Les profs sont formés pour enseigner, pas pour faire de l'éducation spécialisée. Ça prend des professionnels pour les aider.» Le Soleil publiait hier une série d'articles où des enseignants, à bout de souffle, racontaient leur quotidien. Dans certains cas, plus de la moitié des élèves sont en difficulté dans leur classe, qu'ils soient handicapés ou aux prises avec un trouble d'apprentissage, d'attention ou de comportement.

L'AISQ et Autisme Québec ont d'ailleurs fait parvenir, l'an dernier, une lettre à la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, à ce sujet. «Il est faux de prétendre que la majorité des parents tiennent "à tout prix" à l'intégration de leur enfant handicapé ou en difficulté en classe ordinaire, peut-on lire. Personne ne prône l'intégration "à tout prix" et certainement pas les parents. Continuer d'intégrer les enfants en classe ordinaire dans les conditions actuelles, c'est organiser les services pour en démontrer l'impossibilité. On contrevient certainement aux droits des autres élèves, mais aussi à ceux de l'élève intégré, puisque les conditions sont tellement défavorables à sa réussite.»

Un an plus tard, peu de choses ont changé dans les classes, malgré les millions supplémentaires investis, constate l'AISQ. «On ne sait pas comment cet argent est dépensé, affirme Mme Tardif. Pour nous, ce n'est pas un problème d'argent, mais plutôt d'organisation scolaire. Le portrait est vraiment différent, d'une école à l'autre.»

La position est semblable du côté de l'Association québécoise des troubles d'apprentissage. «La solution, ce n'est pas nécessairement d'ajouter des millions, affirme sa directrice générale, Monique Chemarin. Il faut plutôt évaluer ces enfants le plus tôt possible et intervenir rapidement pour éviter que les problèmes ne s'aggravent.»

Le dialogue avec les parents permet aussi de régler bien des problèmes. Valérie (nom fictif), mère de deux filles, a dû intervenir auprès de la direction de l'école. Sa plus jeune, en troisième année, était constamment dérangée par un enfant autisme qui était intégré dans sa classe. «Ma fille me disait qu'elle n'était plus capable de se concentrer parce qu'il dérangeait tout le temps en classe», raconte-t-elle.

Après en avoir parlé avec l'enseignante et le directeur, l'enfant autiste a eu droit à deux fois plus de temps en compagnie d'une éducatrice spécialisée.

Source:
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/education/200904/14/01-846529-enfants-en-difficulte-en-classe-reguliere-le-pq-veut-limiter-le-nombre-ladq-veut-labolir.php

Paru mardi le 15 avril 2009 sur Cyberpresse.ca/Le Soleil

Enfants en difficulté en classe régulière: le PQ veut limiter le nombre, l'ADQ veut l'abolir

Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) Le Parti québécois estime qu'il faut limiter à environ 10 % le nombre d'élèves en difficulté dans les classes régulières, comme le réclament les enseignants.

«Avec une norme de 10 à 12 %, ça ferait environ trois élèves en difficulté par classe. La solution passe par là», affirme Pierre Curzi, critique péquiste en matière d'éducation. M. Curzi ne croit pas que les réductions annoncées du nombre total d'élèves par classe feront une grande différence.

De son côté, l'ADQ répète qu'il faut retourner aux classes spéciales pour les élèves en difficulté, dès le primaire. L'intégration ne rend service à personne, affirme Gérard Deltell, critique adéquiste en matière d'éducation. «On constate un dérapage malheureux et ce sont les enfants qui en font les frais», affirme-t-il. Pour l'ADQ, aucun élève en difficulté ne devrait être intégré dans les classes régulières. «Ces élèves doivent être encadrés comme il se doit», dit M. Deltell.

Des propos qui font bondir Égide Royer, professeur en éducation à l'Université Laval. La solution, surtout au primaire, ne passe pas par la classe spéciale, affirme-t-il. Ni par un quota qui limiterait le nombre d'élèves en difficulté dans la classe régulière. «Imposer des quotas, ce n'est pas gérable sur le plan humain. Ce serait très difficile à mettre en place», prévient M. Royer.
Il faut d'abord miser davantage sur la prévention pour réduire le nombre d'élèves en difficulté, ajoute-t-il. Ensuite, permettre à ces élèves d'avoir accès aux programmes spécialisés, de type sports-études par exemple. Sans oublier les écoles privées, qui devraient avoir accès au financement public pour accueillir davantage de jeunes en difficulté, de façon à rééquilibrer les deux réseaux, conclut M. Royer.

Nouvelles règles

La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a déjà indiqué que des balises limitant l'intégration des élèves en difficulté seront annoncées ce printemps. Ces nouvelles règles permettront de limiter le nombre de ces élèves dans les classes régulières, promet-on au cabinet de Mme Courchesne.

http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/education/200904/13/01-846104-a-bout-de-souffle-des-profs-lancent-un-cri-du-coeur.php

À bout de souffle, des profs lancent un cri du coeur

Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) Près d'un an après le dévoilement du plan d'action pour l'intégration des élèves en difficulté de la ministre de l'Éducation Michelle Courchesne, les profs sont toujours à bout de souffle. Les balises tant réclamées pour limiter l'intégration de ces élèves se font toujours attendre. Dans certaines classes de Québec, la moitié des élèves est en difficulté et a besoin de mesures d'aide supplémentaires. Des enseignants lancent un cri d'alarme.

Sophie* est à bout de souffle. Sa classe régulière n'a plus rien d'ordinaire.
Il y a d'abord ceux qui ne tiennent pas en place. Souffrant de troubles de comportement, ils se lèvent à tous moments, ont beaucoup de difficulté à ne pas bouger. Certains peuvent se mettre à hurler sans prévenir. Sophie doit constamment les rappeler à l'ordre. «Samuel, retourne t'asseoir à ton bureau. Camille, garde le silence.»

Il y a ensuite ceux qui ont des troubles d'apprentissage. Dysphasie, déficit d'attention, dyslexie... Il faut leur donner des consignes individuelles, sinon ils n'écoutent pas. Ils ont besoin d'énormément d'attention. «Julie, c'est à toi que je parle. C'est à toi que je donne la consigne. Nathan aussi, tu m'écoutes. Tu sors ton cahier. Tu l'ouvres à la page 12.»

Dans sa classe, 15 élèves ont un «plan d'intervention» sur un total de 25 enfants. Dans le jargon scolaire, l'expression signifie qu'ils ont besoin de mesures particulières en classe pour espérer réussir leur année scolaire.

Une exception, la classe de Sophie? Dans cette école primaire de Québec, la moitié des élèves ont un plan d'intervention. «Ça fait 12 ans que j'enseigne. Je n'ai jamais vu ça.»

Pourtant, il y a près d'un an, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, dévoilait un plan d'action pour améliorer la réussite des élèves handicapés ou en difficulté d'apprentissage et d'adaptation, les EHDAA dans le jargon du ministère.

Au menu, 65 millions $ en trois ans dont la majeure partie sert à embaucher des enseignants supplémentaires afin de diminuer le nombre d'élèves par classe dans les milieux défavorisés. Le ministère de l'Éducation dépense déjà 1,7 milliard $ par année pour les élèves en difficulté et l'intervention en milieu défavorisé.

Ce plan avait déçu le milieu de l'éducation ? en particulier les enseignants ? puisqu'une de leurs principales requêtes brillait par son absence : aucune balise ne venait limiter le nombre d'élèves en difficulté dans les classes régulières.

Des balises au printemps

La ministre Courchesne avait promis de clarifier les conditions d'intégration dans les mois à venir. «Dans le budget de l'an prochain, on devrait pouvoir aller plus loin dans les balises et savoir combien il faut de classes spéciales», avait-elle affirmé en juin dernier, au moment de rendre public son plan d'action.

Les mois ont passé. Le budget déposé à la mi-mars par le gouvernement Charest ne contenait aucune mesure spécifique con¬cernant l'ajout de classes spéciales, où le ratio prof-élèves est beaucoup moins élevé que dans les classes régulières.
La ministre Courchesne promet toutefois l'annonce de règles claires au cours du printemps. «Les balises vont permettre de limiter le nombre d'élèves en difficulté dans les classes», promet l'attaché de presse de la ministre, Jean-Pascal Bernier. Pour y arriver, aucune modification à la Loi sur l'instruction publique n'est toutefois envisagée, comme le réclament les enseignants. Selon M. Bernier, le plan d'action se met en branle comme prévu. Tout n'est pas encore en place puisque son implantation est prévue sur deux ans, précise-t-il.

Dans les rangs des enseignants, le son de cloche est différent. Même si des professeurs sup-plémentaires et des personnes-
ressources ont été embauchés en cours d'année, «rien n'a changé dans le quotidien de la classe», affirme la présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE), Manon Bernard. Près d'un an plus tard, l'intégration des élèves en difficulté cause toujours autant de maux de tête aux enseignants. «C'est le problème majeur. On met beaucoup d'énergie là-dessus parce que c'est notre priorité», affirme Manon Bernard. La FSE estime que le nombre d'élèves intégrés en classe régulière ne devrait pas dépasser 12 %. Environ trois élèves par classe, ni plus ni moins.

«De cette façon, on s'assure de donner à l'élève les services auxquels il a droit et de respecter les droits des autres élèves, affirme Manon Bernard. On n'est pas contre l'intégration, tant qu'elle est faite dans les bonnes conditions. Une dizaine d'élèves par classe, c'est beaucoup trop.»

En attendant les directives ministérielles qui pourraient alléger son boulot, Sophie tente de faire de petits miracles au quotidien. Mais en fin de compte, ce sont les élèves qui écopent, dit-elle. «J'ai un fils de quatrième année, je ne voudrais pas l'avoir dans ma classe. Je sais qu'il n'évoluerait pas aussi vite que les autres. Est-ce qu'on donne vraiment une chance égale à tous?»
* Les enseignants rencontrés par Le Soleil ont demandé l'anonymat pour ne pas porter atteinte aux enfants. Tous les noms sont fictifs.

Histoires de classe

Voici d'autres témoignages recueillis par Le Soleil auprès d'enseignantes qui ont préféré ne pas être identifiées.
«Dans ma classe de quatrième année, j'ai un élève avec un déficit d'attention. Il est à peu près de niveau première année. Qu'est-ce que je fais avec lui? La direction m'a accordé une demi-journée avec une orthopédagogue afin de lui préparer du travail. Mais au bout de deux mois, les exercices sont épuisés. Ça fait des élèves qui travaillent seuls, qui n'avancent pas parce qu'on leur donne juste ce qu'ils sont capables de faire. Mais ils n'apprennent rien de plus.»

«On parle beaucoup de décrochage scolaire ces temps-ci. Je peux te le dire tout de suite, dans ma classe, ceux qui vont décrocher plus tard. C'est évident. Mais on se fait dire : ?On ne peut pas tous les sauver?. On entend ça souvent. Mais nous, on les voit se noyer au quotidien. Ça n'a pas de bon sens! La réalité, c'est qu'avec les services qu'on leur donne, on condamne ces enfants-là à échouer.»

«Je suis obligée de faire des choix absurdes. Hier soir, j'ai fait une vingtaine d'appels. J'ai pris les résultats de mes élèves à la deuxième étape et j'ai choisi des élèves qui ne passaient pas, mais qui pourraient réussir s'ils se prenaient en main. J'ai appelé les parents. Je leur ai dit qu'ils devraient payer 75 $ pour un cours de français privé pour leur enfant, parce que je ne suis pas capable de les aider plus que ça.»
 


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