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Mardi 9 février 2010 Numéro 582
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Une ressource résidentielle liée au CRDI Lisette-Dupras dans la tourmente
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Essais cliniques de la chirurgie traitant la sclérose en plaques (art. anglais)
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Une ressource résidentielle liée au CRDI Lisette-Dupras dans la tourmente
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Paru le lundi 8 février 2010 sur RueFrontenac.com

Source
www.ruefrontenac.com/nouvelles-generales/17511/17511

EXCLUSIF – Des déficients ont été maltraités durant des années
Nouvelles générales - Santé
Écrit par Gabrielle Duchaine
Dimanche, 07 février 2010 15:41
Mise à jour le Lundi, 08 février 2010 16:28
Des déficients intellectuels sous la garde de l’État sont sortis d’un long cauchemar l’été dernier après avoir été maltraités physiquement et mentalement durant des années, en plus d’être forcés à travailler sur une ferme, parfois même en pleine nuit, a appris Rue Frontenac. Il aura fallu que les autorités responsables ferment en catastrophe les résidences où ils étaient pensionnaires pour mettre fin à leur calvaire.

 

Mesures de contrôle physique non autorisées, pratiques punitives, insultes, bousculades, atteinte à la vie privée, travail forcé à des heures et à des tâches indues : voilà le sombre portrait que nous ont dépeint plusieurs sources fiables de la vie des 21 pensionnaires de 3 résidences en réadaptation intellectuelle du chemin Saint-Jérusalem à Lachute, dans les Laurentides.

Les propriétaires des maisons privées supervisées par le Centre de réadaptation Lisette-Dupras (CRLD) de Montréal, Richard Marier et Mario Bouchard, auraient eu ces comportements abusifs depuis plus de quatre ans avec certains patients, avons-nous appris, autant dans les résidences que sur leur ferme d’élevage de bisons située tout près.

Pour des raisons de confidentialité, le Centre Lisette-Dupras n’a pas voulu divulguer la teneur des sévices qu’ont subis ses clients. Ces sévices ont toutefois été jugés assez graves par la direction pour qu’une plainte soit déposée à la police, en plus d’entraîner la mise à pied de deux cadres et d’une intervenante auprès de la clientèle « qui ont laissé aller les choses trop longtemps », selon le directeur général par intérim, Guy-Michel Deslauriers.


Richard Marier et Mario Bouchard forçaient les déficients à travailler sur leur ferme d’élevage de bisons. Photo Pascal Ratthé

Forcés de ramasser du fumier

D’après nos informations, MM. Marier et Bouchard, qui n’ont aucun employé rémunéré, selon le Registre des entreprises qu Québec, devaient offrir à leurs clients un programme de travail de jour volontaire d’une trentaine d’heures par semaine. Ils auraient plutôt utilisé les travaux sur la ferme comme un moyen de les punir ou de se débarrasser des tâches ingrates. Ainsi, des pensionnaires se seraient vus forcés de travailler contre leur gré, parfois en pleine nuit. On les aurait aussi obligés à pelleter le fumier s’ils n’écoutaient pas à table ou se comportaient mal.

Pas plus de dignité en dehors des heures de travail pour la vingtaine de malades, dont plusieurs souffrent de troubles envahissants du développement, de troubles de comportement, d’anxiété ou d’agressivité, font des fugues ou se mutilent.

Des sources nous ont raconté que des patients auraient été insultés, bousculés, poussés, menacés, punis et qu’on utilisait pour les contrôler des pratiques qui auraient été acceptables il y a 20 ans mais qui sont aujourd’hui jugées complètement inappropriées.

Les deux propriétaires des maisons, dont un est justement un ancien employé du Centre Lisette-Dupras, utilisaient également des mesures de contrôle ou de contention qui n’étaient pas autorisées par le CRLD. Aussi, les déficients, tous des adultes, n’auraient eu accès à du papier hygiénique ou à des mouchoirs que sur demande, ce qui rendait leur vie privée beaucoup plus compliquée.

Des années

Il aura fallu des années pour que ces mauvais traitements viennent jusqu’aux oreilles de la très haute direction du Centre Lisette-Dupras. Même les familles des clients, dont certains effectuaient des visites quasi quotidiennes, ne se seraient rendu compte de rien. C’est finalement un ancien pensionnaire d’une des maisons de Lachute qui a sonné l’alarme. Selon nos sources, il s’est plaint, l’été dernier, d’avoir été victime d’un « événement inapproprié » de la part d’un des propriétaires de la ferme lorsqu’il vivait sous leur supervision, il y a plus de quatre ans.


Les déficients auraient aussi été obligés de pelleter le fumier s’ils n’écoutaient pas à table ou se comportaient mal. Photo Pascal Ratthé

Rapidement, les 21 résidents de Lachute ont été rencontrés et ce qu’ils ont rapporté aux dirigeants du Centre Lisette-Dupras a poussé ces derniers, le 31 août, à fermer les maisons et à déclencher une enquête interne.

« On a rencontré toutes les familles et tous les usagers pour leur communiquer les résultats », assure la directrice des services professionnels, la Dre Katherine Moxness, qui a toutefois refusé de les partager avec Rue Frontenac. Le bureau du Curateur public, responsable de certains patients, a aussi été mis au courant.

Au terme de l’enquête, en novembre, la directrice générale adjointe des services aux adultes et à leur famille, son adjointe directrice de la zone Lachine et une intervenante auprès des malades se sont vu montrer la porte. « Ce n’est pas la seule et unique raison qui a justifié les mises à pied mais ç’a été l’élément déclencheur, dit Guy-Michel Deslauriers. J’ai moi-même renvoyé (l’intervenante) et j’ai fortement conseillé au conseil d’administration qu’on congédie les deux autres. »

Ici encore, on a refusé de divulguer les motifs exacts des congédiements, « à cause des ententes de départ qui sont confidentielles ».

Le CRLD a par ailleurs déposé à la Sûreté du Québec une plainte contre Richard Marier et Mario Bouchard, qui avaient un contrat avec le centre depuis 15 ans. « On vérifie certaines allégations », a confirmé le porte-parole du corps policier, Benoît Richard. Les anciens résidents, qui ont tous été relogés, ne sont toutefois pas des témoins faciles.

Malgré les délais importants entre la date présumée des premiers sévices et la réaction du Centre Lisette-Dupras, la direction estime avoir fait du mieux qu’elle pouvait. « Une fois qu’on a eu les informations, on a sorti tout le monde dans un très court délai, même si c’était énorme pour certains clients qui habitaient là depuis longtemps et qui ne sont pas très réceptifs au changement, assure Katherine Moxness. Ils ont tous reçu le soutient dont ils avaient besoin et sont en santé aujourd’hui. »

Richard Marier et Mario Bouchard, chez qui nous avons laissé des messages répétés et qui nous ont promis une entrevue, ont préféré se défiler plutôt que de répondre à nos questions.

Avec la précieuse collaboration d’Alain Décarie.

Paru mardi 9 février 2010 sur ruefrontenac.com

Source
www.ruefrontenac.com/nouvelles-generales/sante/17602-deficients-maltraites-conseil-protection-malades?tmpl=component&print=1&layout=default&page=

Déficients maltraités - Le Conseil de la protection des malades s'inquiète
Nouvelles générales - Santé
Écrit par Gabrielle Duchaine
Lundi, 08 février 2010 15:55
Mise à jour le Lundi, 08 février 2010 16:23
Quelques heures après la publication d'un article levant le voile sur le véritable cauchemar qu'ont vécu une vingtaine de déficients maltraités durant des années, le Conseil de la protection des malades s'inquiète du manque de supervision dans les résidences en milieu familial du Québec.

Lundi, Rue Frontenac révélait que 21 pensionnaires de trois maisons privées pour déficients intellectuels de Lachute ont été violentés physiquement et mentalement et forcés à travailler sur une ferme durant plusieurs années avant que les autorités responsables ne décident de fermer les résidences au mois d'aout dernier.

Une situation qui, selon le porte-parole du Conseil de la protection des malades, l'avocat Paul Brunet, n'est que la pointe de l'iceberg. « C'est un phénomène qui va aller en augmentant », croit-il. À titre indicatif, le nombre de résidences en milieu familial membres de l’Association des ressources intermédiaires d’hébergement du Québec est passé de 161 en 2006 à 263 en 2009. « Et plus l'État va déléguer en confiant des contrats à des particuliers, plus il va y avoir des risques de dérapage, de perte de contrôle et d'abus », prévient l'avocat.

Les maisons de Lachute, propriétés de Richard Marier et Mario Bouchard, et leurs clients étaient sous la supervision du Centre de Réadaptation Lisette-Dupras (CRLD) de Montréal. Visiblement, la haute direction du centre n'était pas au fait des sévices subis par la vingtaine de malades puisqu'il aura fallu plus de quatre ans avant qu'elle n'agisse.


Les déficients étaient forcés de travailler contre leur gré, parfois en pleine nuit, sur la ferme d’élevage de bisons de Richard Marier et Mario Bouchard. Photo Pascal Ratthé

« Il n'y a pas assez de suivi. Une fois qu'une résidence de type familial obtient un certificat [qui lui permet d'héberger], on n'est pas plus avancé si personne ne surveille. Et malheureusement, le gouvernement n'a pas les ressources pour tout visiter », croit Paul Brunet, qui raconte recevoir de temps en temps des appels relatant des mauvais traitements dans des résidences en milieu familial comme celles de Lachute.

Selon ce qu'a appris Rue Frontenac, les résidents y étaient insultés, bousculés, poussés, menacés et punis avec des pratiques jugées aujourd'hui inacceptables. Ils étaient aussi forcés de travailler contre leur gré, parfois en pleine nuit. On les aurait aussi obligés à pelleter le fumier s’ils n’écoutaient pas à table ou se comportaient mal. Ni les familles, ni les intervenants de Lisette-Dupras ne se sont rendu compte de quelque chose jusqu'à ce qu'un ancien résident ne se plaigne, entraînant la fermeture des maisons et le congédiement de deux cadres et d'une employée.

Lisette-Dupras n'est pas à blâmer

Malgré tout, le bureau du Curateur public, qui avait la charge de 10 des 21 malades, ne remet pas en cause la qualité du travail et de l'encadrement offert par le CRLD, puisque la majorité des patients ont été déménagés dans d'autres résidences gérées par le centre montréalais.

« Pour assurer leur sécurité, ils ont été déplacés dans des ressources dont certaines appartiennent à Lisette-Dupras, qui n'est pas en cause dans cette affaire », explique la porte-parole de l'organisme, Aline Charest. « Ils ont tous été rencontrés pour se faire expliquer qu'ils allaient changer de milieu. On a fait le maximum pour qu'ils soient près de leur famille et qu'ils restent avec d'autres pensionnaires avec qui ils s'étaient liés d'amitié. »

À ce jour, certains malades refusent toujours de parler des sévices qu'ils ont subis lorsqu'ils vivaient à Lachute.
 


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