Paru le samedi 4 décembre 2010 sur Cyberpresse/La Voix de l'Est
Source :
www.cyberpresse.ca/la-voix-de-lest/actualites/201012/04/01-4349175-des-parents-denoncent-le-manque-de-ressources-pour-leur-enfant-autiste.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_granby_660433_section_POS4
Des parents dénoncent le manque de ressources pour leur enfant autiste
Chantal Vallée
La Voix de l'Est
(Granby) «On ne peut pas compter sur l'hôpital de Granby», affirme Guy Massie, amer. Le père de famille a porté plainte contre l'établissement qui a refusé d'hospitaliser son fils Andrew, 11 ans, l'automne dernier.
L'enfant qui souffre d'autisme faisait des crises intenses et répétées. Il essayait de tirer les cheveux des autres membres de sa famille et fonçait sur les meubles. Il a renversé le téléviseur et le magnétoscope, brisé les pentures de son lit, sa porte, la bibliothèque, projeté une chaise dans la cuisine à plusieurs reprises, fait des trous dans les murs.
«Il fallait tout enlever parce qu'il s'attaquait aux objets dans sa chambre. On ne pouvait plus manger à la table avec lui, car c'est comme s'il allait nous attaquer à tout moment. Sa soeur âgée de 12 ans avait très peur. Elle restait confinée dans sa chambre, la porte barrée. Quand elle voulait sortir, elle nous appelait pour qu'on aille la protéger», raconte M. Massie.
La situation était à ce point difficile que l'enfant n'a pas pu retourner à l'école. Sa mère a dû quitter son emploi temporairement en août pour être à la maison avec lui et l'empêcher de se blesser. Elle vient d'apprendre qu'elle n'a pas droit aux prestations de compassion parce que son fils ne risquait pas de mourir dans les 26 prochaines semaines, comme le lui a expliqué le conseil arbitral de l'assurance-emploi.
En septembre, deux éducateurs du Centre de réadaptation en déficience intellectuelle (CRDI) Montérégie-Est, étaient à la maison à temps plein pour épauler les parents et éviter qu'Andrew ne se blesse. Entre 9h et 16h, les intervenants avaient calculé que l'enfant faisait entre 50 et 80 crises par jour, indique son père.
«Il faisait des crises pendant la nuit. Comme il n'y avait plus rien à casser dans sa chambre, il voulait descendre en bas. On était sur le bord du burn-out. Le CRDI nous disait: si vous êtes à bout de souffle, on peut amener votre fils à l'hôpital. On a attendu le plus longtemps qu'on pouvait. Un matin, il s'est levé en boitant d'une jambe. Il avait un genou enflé, meurtri. Ce matin-là, on a décidé de l'amener à l'hôpital nous-mêmes. On a contacté les gens du CRDI, ils ont accepté de nous accompagner», dit M. Massie.
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