Paru le mardi 31 mai 2011 sur Cyberpresse/La Voix de l'Est
Source : www.cyberpresse.ca/la-voix-de-lest/actualites/201105/30/01-4404384-pas-dacces-pour-handicapes-a-la-clinique-centrale.php
Pas d'accès pour handicapés à la Clinique centrale
Chantal Vallée
La Voix de l'Est
(Granby) Jeannine Mailloux a été soulagée d'apprendre qu'elle aurait à nouveau un médecin de famille, à la suite du départ à la retraite de l'omnipraticien qui la suivait au Centre médical Robinson. En se rendant à la Clinique centrale, elle a toutefois découvert les défis que représenterait pour elle le simple fait d'accéder à l'immeuble, qui n'est pas adapté aux personnes handicapées.
«À la Clinique Robinson, je pouvais me rendre en fauteuil motorisé. À la Clinique centrale, il y a toujours des marches: soit on monte, soit on descend». Mme Mailloux doit prendre sa marchette et descendre les marches, ce qui l'insécurise énormément. «J'ai peur de me casser les os si je tombe. Je fais de l'ostéoporose sévère», avoue la septuagénaire. «L'hiver, ça va être impensable. J'ai déjà de la misère à rester sur mes jambes», dit-elle parlant des marches extérieures qui donnent accès à la clinique.
«J'ai 72 ans. Je m'insurge au nom des gens plus âgés et des jeunes dans la même situation.»
«Quand on est handicapés, on doit se battre pour plein de choses qui y sont rattachées. J'ai eu un gros accident de voiture à 30 ans. Ça fait 42 ans que je me bats», fait-elle valoir.
La citoyenne juge «impensable» et «inacceptable» qu'en 2011, une clinique de santé n'ait pas de rampe d'accès pour les personnes à mobilité réduite. «De plus en plus, il faut exiger qu'il y ait des rampes dans les édifices publics», dit-elle.
La Granbyenne a écrit une lettre destinée au courrier des lecteurs de La Voix de l'Est pour dénoncer la situation, estimant qu'il faut en parler pour que les choses bougent. «Les patients de cette clinique sont-ils tous de jeunes personnes? Qu'en est-il des gens du troisième âge, de ceux qui sont limités dans leurs mouvements pour toutes sortes de raisons? Ne peuvent-ils pas profiter des soins qu'on y prodigue? Voyons donc! Ouvrons-nous les yeux, notre population est vieillissante ici comme ailleurs», rappelle-t-elle dans cette lettre en souhaitant susciter une réflexion à l'aube de la Semaine des personnes handicapées qui débute le 1er juin.