Paru le mardi 14 juin 2011 sur Cyberpresse.ca/Le Droit
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Publié le 14 juin 2011 à 05h30 | Mis à jour à 05h30
Fusion du Centre hospitalier Pierre-Janet au sein du CSSSG
Funérailles symboliques du Centre Pierre-Janet
Jean-François Dugas
Le Droit
C'est aux airs des « Sauvons Pierre-Janet ! », « Non à l'intégration ! », « Non à la réduction de la qualité des soins ! » qu'une soixantaine d'employés du Centre hospitalier Pierre-Janet (CHPJ) ont célébré hier les funérailles symboliques de l'établissement qui vient en aide aux personnes qui souffrent de problèmes de santé mentale.
Armés de pancartes, de vêtements noirs et de leurs slogans rassembleurs, les employés ont scandé leur désarroi et déposé des gerbes de fleurs sur l'enseigne de CHPJ avant de procéder à une marche funèbre autour de leur lieu de travail et de déguster des miettes lors d'un goûter pour symboliser le fait que la santé mentale sera laissée en restes en Outaouais.
« Nous croyons en Pierre-Janet, nous croyons dans notre service de deuxième ligne. Nous ne croyons pas à l'intégration », a déclaré Martine Chartrand, infirmière et représentante syndicale au CHJP.
Les employés dénoncent la décision de l'Agence de la santé de l'Outaouais d'intégrer les soins du CHPJ au Centre de santé et de services sociaux de Gatineau (CSSSG), vraisemblablement dès l'automne prochain. L'engorgement des salles d'urgences des hôpitaux de Hull et de Gatineau par des cas de santé mentale a été évoqué pour expliquer cette décision.
« On craint une réduction à la qualité des soins. Les patients qui ont besoin des soins immédiats n'auront pas accès, car les soins ne seront pas disponibles tout de suite, estime Mme Chartrand. On perd aussi notre mandat régional. Qu'arrivera-t-il aux gens de Maniwaki, du Pontiac, de Buckingham ? »
Le président de la section locale du Syndicat régional des professionnelles en soins du Québec, Jean Lacroix, abonde dans le même sens si l'intégration a lieu comme prévu.
« Avec une telle fusion de service, la priorité sera accordée aux patients du CSSSG. Les gens de l'extérieur auront difficulté à voir les gens. On fait quoi avec nos clients ? L'urgence déborde déjà. À Pierre-Janet, nous sommes capables de leur offrir un service », a-t-il prétendu.
Une dégradation à la qualité de travail des syndiqués apporte aussi son lot d'anxiété, a-t-il renchéri. « Une semaine après l'annonce de l'Agence, il y a eu un prêt de personnel à l'unité de Gatineau. Du jamais vu. »
Équipe transitoire
M. Lacroix espère que la décision de l'agence n'est pas irréversible. D'ailleurs, le syndicat propose une piste de solution pour éviter un long séjour des patients aux urgences des hôpitaux, tel que décrié par l'Agence. À son avis, l'ajout d'une unité d'observation de douze lits au CHPJ et l'instauration d'une équipe transitoire - composée d'infirmières, de travailleurs sociaux et de psychoéducateurs pour assurer un meilleur suivi des patients en observation - pourraient donner des résultats positifs.
« Cela diminuerait de beaucoup les temps d'attente dans les urgences, croit-il. On espère que l'Agence donne un autre souffle à Pierre-Janet. »
« On devrait l'essayer pour au moins un an », rajoute Mme Chartrand.
Par ailleurs, le syndicat entendait demander des comptes aux membres du conseil d'administration du CHPJ hier soir.
« Pourquoi accepte-t-on une intégration si facilement ? Ce n'est pas une bonne chose. Le conseil d'administration a lâché le bâton trop vite, a pesté M. Lacroix. La santé mentale, ce n'est pas la santé physique. Ça ne prend pas juste un pansement et ça prend plus que deux minutes à l'urgence. »