Paru le mardi 14 février 2012 sur Canoë.ca/Agence QMI
Source :
http://fr.canoe.ca/infos/regional/montreal/archives/2012/02/20120214-183503.html
MONTRÉAL – Les automobilistes montréalais feraient preuve d'un manque de civisme croissant envers les personnes handicapées si on se fie à la hausse constante du nombre de constats d'infraction remis pour stationnement illégal sur une place réservée.
Près de 9000 tickets ont été distribués l'an passé, soit environ 500 de plus qu'en 2010, 1000 de plus qu'en 2009 et 1500 de plus qu'en 2008, selon des données recueillies auprès de la Ville de Montréal.
«Je me suis juste rangé ici pour téléphoner, je n'avais pas vu que c'était une place pour personnes handicapées», a réagi Miguel, rencontré mardi à l'angle de la rue Saint-Jacques et du boulevard Saint-Laurent sur une place pour handicapées. Il a reconnu sa faute et s'est estimé chanceux de ne pas avoir croisé d'agent.
Déplorant la situation, Linda Gauthier, la présidente du Regroupement des activistes pour l'inclusion au Québec (RAPLIC) n'est pas surprise. «Ça ne m'étonne pas, les gens ne se mettent pas à notre place et prennent ça à la légère, a-t-elle regretté. L'amende n'est pas assez dissuasive.»
À Montréal, la contravention s'élève à 146 $ pour un stationnement sans vignette sur une place réservée aux personnes handicapées, «alors qu'aux États-Unis ou en Europe, elle atteint plusieurs centaines de dollars», a indiqué Mme Gauthier, qui souhaiterait voir Montréal s'ajuster.
Au prochain conseil municipal, lundi soir, la militante interpellera l'administration Tremblay pour réclamer une augmentation de la facture des automobilistes fautifs et davantage de stationnements pour les personnes handicapées.
Des failles dans le système
Certaines personnes réussissent par ailleurs à échapper aux amendes. Depuis 2008, en effet, les contraventions remises à des automobilistes stationnés sur une place réservée non conforme aux normes de signalisation établies par le ministère des Transports, elles peuvent être invalidées.
En clair, seul le panneau blanc qui indique un «P» barré suivi du symbole représentant une personne en fauteuil roulant peut être pris en compte par les agents pour donner un constat d'infraction de 146 $.
«Je n'étais même pas au courant, c'est une aberration», a commenté Linda Gauthier, qui estime qu'il faut une signalisation uniforme partout.
La présidente du RAPLIC a également affirmé que des automobilistes détenteurs d'une vignette temporaire continuent de l'utiliser après la date d'expiration.
Selon la SAAQ, un peu plus de 18 000 vignettes provisoires étaient en circulation en 2010, contre 121 000 permanentes.