Paru le vendredi 24 février 2012 sur Le Devoir
Source
www.ledevoir.com/societe/sante/343522/depistage-de-l-autisme-les-listes-d-attente-sont-toujours-aussi-longues
Dépistage de l'autisme - Les listes d'attente sont toujours aussi longues
Caroline Montpetit 24 février 2012 Santé
Plusieurs mois après que les psychologues eurent obtenu le droit de poser un diagnostic en matière d'autisme, 700 enfants de Montréal attendent toujours ce diagnostic qui leur permettrait d'obtenir des services. L'attente pour obtenir celui-ci varie de 18 à 22 mois, un délai considérable lorsqu'on sait que le traitement précoce de cette maladie a un effet très positif, particulièrement chez les jeunes enfants.
C'est ce que déplorait hier Nathalie Garcin, directrice générale du Centre Gold, organisme à but non lucratif qui accueille et rend des services aux enfants souffrant d'autisme. «À l'Hôpital de Montréal pour enfants seulement, ajoute-t-elle, il y a environ 300 enfants en attente d'un diagnostic. On manque de ressources spécifiquement allouées à cette clientèle. L'Hôpital pour enfants de Montréal ne compte que 1,6 psychologue et 0,6 psychiatre pour traiter tous ces cas.»
L'élaboration d'un diagnostic de troubles autistes est complexe. Il peut nécessiter 29 heures. Au privé, cette évaluation coûte entre 1500 et 1900 $, selon le nombre de professionnels qui sont impliqués, ajoute Mme Garcin.
Les listes d'attente sont particulièrement longues en milieu urbain, souligne-t-elle.
Selon une étude de 2008 de l'épidémiologiste Manon Noiseux, de la Direction de santé publique de la Montérégie, le taux de prévalence des troubles envahissants du développement augmente en moyenne de 23 % par année, «ce qui signifie que le taux double tous les quatre ans». Les causes de cette soudaine épidémie ne sont pas clairement établies, mais l'élargissement du dépistage et du diagnostic ne peut pas l'expliquer en entier, selon Manon Noiseux. Les causes génétiques et environnementales ne sont pas écartées.
Pour élargir le bassin de professionnels capables de faire face à la demande de diagnostic, l'Ordre des psychologues du Québec et le Collège des médecins lançaient hier des lignes directrices pour guider les professionnels. Un diagnostic provisoire est également évoqué.
Restera ensuite à trouver les fonds pour offrir des traitements aux enfants nouvellement diagnostiqués.